samedi, 10 mars 2001 15:33

L'éducation en questions - Vol 3

1. "Faut-il se méfier de l'affection en éducation ?" Don Bosco (1815-1888)

Prêtre salésien, Don Bosco est une des grandes figures de l'éducation de rue. Dés l'âge de 27 ans,il se donne pour objectif d'éduquer les enfants délinquants des faubourgs populaires de Turin. Face à ces jeunes marginaux, Don Bosco réalise combien la prévention est essentielle. Avec son concept "d'amorevolezza", il cherche à définir la juste distance nécessaire à un rapport positif entre l'éduqué et l'enseignant. Cette même distance que doivent trouver les éducateurs aujourd'hui. Le film prend pour exemple de travail de prévention et de soutien scolaire le centre du Valdocco d'Argenteuil fondé par le prêtre Jean-Marie Petitclerc. Le psychanalyste Jacques Lévines nous présente l'intérêt de la démarche de Don Bosco et nous introduit aux groupes de parole d'enseignants qu'il a mis en place afin que ces derniers puissent évoquer les problèmes affectifs qu'ils peuvent avoir avec leurs élèves, des parents ou d'autres enseignants.

2. "Peut-on fonder l'éducation sur le seul désir de l'enfant ?" Alexander S. Neill (1883-1973)
En 1924, l'Anglais Alexander S. Neill ouvre "l'école de Summerhill" une école fondée sur le désir: l'enfant n'apprend que ce qu'il veut et quand il le veut. Le livre de Neill "Libres enfants de Summerhill", traduit en français en 1970, devient un véritable phénomène de société qui interroge la possibilité de fonder l'éducation sur le seul désir de l'enfant. Si, aujourd'hui, la question du désir d'apprendre demeure centrale, les réponses pédagogiques se sont renouvelées. Le film fait découvrir l'école de Summerhill dans les année 50 et 60 et témoigner Alexander S. Neill sur sa conception de l'éducation. Gabriel Cohn-Bendit nous raconte par ailleurs les débuts du lycée auto-gérée de St-Nazaire, au début des années 80, et analyse son développement. Enfin , l'expérience menée actuellement au Lycée Jean Luràat, "La ville pour école", montre comment recréer chez des "décrocheurs" le désir de savoir.

3. "Pourquoi apprendre à lire ?" Paulo Freire (1921-1997)
Pédagogue brésilien, Paulo Freire invente une méthode d'alphabétisation qui permet d'apprendre à lire et à écrire a des adultes en 30 heures. Principe essentiel: s'appuyer sur le savoir préalable des apprenants, sur les mots qui leur tiennent particulièrement à coeur afin de les conduires à d'autres savoirs, d'autres mots et de les faire devenir de véritables sujets du monde, capables de le dire et donc de la transformer. Cette méthode que Freire appliquera non seulement au Brésil mais partout dans le monde le conduira a l'exil politique puis lui vaudra une renommée internationale. Ouvert par un entretien avec Federico Mayor, ancien directeur général de l'Unesco et ami du pédagogue, le film nous fera découvrir l'adaptation de la méthode Freire dans un centre de formation en Belgique et à travers l'atelier d'écriture Roseback, animé par Ricardo Montserrat, qui déboucha sur la publication du livre "Ne crie pas" dans la collection série noire de Gallimard.

4. "Suffit-il d'écouter pour aider ?" Carl Rogers (1902-1987)
Psychothérapeute, éducateur, l'américain Carl Rogers a développé une technique d'écoute favorisant le développement de la personne. Cette technique est largement utilisée dans la formation, initiale et continue, des soignants à la relation d'aide. Elle est nouvellement appliquée dans le cadre de la prévention de la violence, notamment à l'école. Si l'enseignement découlant des principes de non-directivité de Rogers n'en est restée qu'au stade de l'expérience, on doit à l'américain un certain type d'attitude, maintenant relativement répandue, à l'égard de l'élève, notamment lorsqu'il se trompe. Introduit par une formation continue des soignants à la technique d'écoute de Rogers, le film s'attache à la rencontre de Daniel Hameline, grand pédagogue suisse et ancien professeur de philosophie, avec un ancien de ses élèves avec lesquels il a mis en pratique la non-directivité en classe au début des années 60... Le film se conclue sur l'application de certains principes de Rogers au Collége de Lunel pour la prévention de la violence.

5. "Que peut-on apprendre par la création ?" Germaine Tortel (1896-1975)
Inspectrice des écoles maternelles, Germaine Tortel s'intéresse aux productions artistiques des enfants et crée le premier centre de documentation pédagogique pour recueillir ces créations. Inventant une vraie pédagogie basée sur la création artistique, elle cherche à amener l'enfant à s'impliquer tout entier dans ses actions, à le rendre exigeant à l'égard de son geste et attentif à la collectivité dont il fait partie. A l'heure de l'enfant zappeur et de l'individualisme généralisé, ces objectifs se révèlent d'autant plus importants. Montrant de multiples œuvres d'élèves ayant suivi la méthode Tortel (y compris à travers le film "Les primitifs du 13ème" narré par Arletty), le film, introduit par le chanteur pour enfants Jacques Douai, se concentre sur une classe de maternelle de Sceaux qui travaille sur la thématique de l'ami.

 

 

samedi, 10 mars 2001 15:30

L'éducation en questions - Vol 2

1. "Tous les enfants peuvent-ils être éduqués ?" Jean-Marc Gaspard Itard (1774-1838)
En recueillant Victor de l’Aveyron, le docteur Itard veut montrer que tout être humain peut être éduqué du moment que l’on sait s’y prendre. Il consacre près de dix ans de sa vie à “ civiliser ” Victor et à tenter de lui apprendre les bases de la culture. Il invente, pour cela, des jeux pédagogiques qui sont encore utilisés aujourd’hui, il met en place de véritables stratégies éducatives, sans pour autant, éviter de tomber dans la violence manipulatrice. Il pose, à sa manière, la question : jusqu’où peut-on aller pour éduquer un enfant ? Le film évoque la relation entre l'éducateur et l'éduqué notamment avec des extraits du film de François Truffaut L'enfant sauvage et des textes issus du journal d'Itard retraçant l'itinéraire éducatif de son élève. Une longue séquence tournée lors d'un cours de théâtre donné dans l'Institut d'Education Spéciale du Chardonnet près de Lyon illustre la pratique contemporaine d'éducateurs travaillant avec des enfants meurtris affectivement.

2. "Que faire avec des enfants qui ne veulent pas de vous ?" Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827)
Disciple de Rousseau, Pestalozzi est aussi un grand républicain. Et, pourtant, il demande de pouvoir s’occuper des orphelins de la ville de Stans dont les parents ont précisément été massacrés par les troupes républicaines. Il arrive à Stans dans un climat d’hostilité absolue, et doit s’occuper d’enfants dans une très grande misère. Il les apprivoise, réussit à se faire accepter par eux pour passer ensuite aux apprentissages fondamentaux. Une telle situation n’est pas très éloignée de ce qui se passe avec l'éducation des enfants de gitans, ce dont témoigne le reportage dans l'Ecole des Marais de Décinnes destiné à des enfants du voyage semi-sédentaires.

3."Peut-on enseigner sans savoir ?" Joseph Jacotot (1770-1840)
Enseignant dans l’armée napoléonienne, Jacotot s’exile au retour des Bourbons et finit par obtenir un poste de lecteur de littérature française à l’université de Louvain. Ignorant la langue flamande, il fait acheter à ses étudiants une édition bilingue du Télémaque de Fènelon avec laquelle il leur demande de travailler eux-mêmes à comprendre le texte français. Sans rien leur enseigner, il obtient d’excellents résultats. De cette expérience, Jacotot en tire un principe pédagogique radical : nul n’a le droit d’enseigner que ce qu’il ignore. On peut aujourd'hui en tirer le principe que pour bien enseigner, il faut d'abord mettre les élèves au travail. Deux situations d'apprentissage illustrent l'intérêt de ce principe : des élèves guidés par Robert Caron, formateur et adepte de Jacotot, découvrent la Bretagne depuis le Centre de Lecture de Nanterre ; sous la houlette d'un professeur de technologie et d'un professeur de Français des collégiens de SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté) construisent une yole à Bondy.

4. "Doit-on croire les enseignants sur parole ?" Léon Tolstoï (1828-1910)
Si l'on ne présente plus Léon Tolstoï l'écrivain, Léon Tolstoï le pédagogue est en France beaucoup moins connu. Et pourtant, son œuvre pédagogique vaut son œuvre littéraire. Très engagé en Russie pour la libération des serfs, il comprend vite que le servage est autant mental que social. Se rendant compte qu'à travers toute l'Europe, l'enseignement fonctionne sur le mode de la domination de l'enfant par son professeur, il invente, et met en pratique dans différentes écoles qu'il fonde, une autre pédagogie : une pédagogie de la libération. Idées principales : mettre l'enfant directement en contact avec les œuvres de la culture et ne pas hésiter à aborder avec lui des questions complexes, celles qui l'intéressent en général le plus, avant de lui apprendre le "Baba" des savoirs sous-jacents à ces questions. Racontant l'histoire du pédagogue Léon Tolstoï notamment grâce au témoignage de la Comtesse Tolstoï, Présidente de l'association française des amis de Tolstoï, le film relate une expérience pédagogique intiée par la fondation 93 qui met directement en rapport des élèves avec la culture scientifique, représentée par une histoire racontée, "l'histoire du vivant", le paléontologue Pascal Picq et la grande galerie de l'évolution que les enfants visitent avec le conservateur.

 

lundi, 12 mars 2001 14:55

L'EDUCATION EN QUESTION - SERIE

26 documentaires de 13 '
sur 6 volumes

Penser les questions éducatives d'aujourd'hui avec les grandes figures de la pédagogie.
Les questions éducatives suscitent des débats passionnés… Tout éducateur — parent, enseignant, cadre éducatif, travailleur social, formateur… — se trouve confronté à des questions qui sont, à la fois très anciennes et très nouvelles : très anciennes car on les trouve posées tout au long de notre histoire, très nouvelles car on ne peut plus y répondre par l'habitude et qu'il faut les poser à nouveau dans toute leur complexité, pour tenter de les résoudre. La série "L'éducation en questions" se propose d'aborder un grand nombre d’interrogations à travers l'œuvre d'une des grandes figures qui ont marqué l'histoire de l'éducation. Chaque film aborde ainsi une question particulière, concrète et illustrée à travers des situations contemporaines, en s'intéressant à un ou une "pédagogue". Chaque épisode fait revivre un homme, ou une femme, qui s'est donné(e) pour tâche d'éduquer des enfants, souvent difficiles, réputés "inéducables". Ils ont, souvent, élaboré des solutions qui peuvent encore nous inspirer aujourd'hui.

Détail de la série...


Publié dans Catalogue
mercredi, 23 juin 1999 11:09

SECTEUR 6

Olonne-sur-mer est une petite ville côtière, à l’ouest de la France, et Gourcy, une agglomération un peu plus grande, au Nord du Burkina Faso. En 1997, on fêtait le dixième anniversaire du jumelage-coopération qui unit les deux communes. Gourcy étant divisée en cinq secteurs, les habitants ont pris l’habitude d’évoquer Olonne-sur-mer comme le Secteur 6 de leur ville. Initié par un couple de maraîchers vendéens sur les conseils du fondateur des groupements NAAM, Bernard-Lédéa Ouédraogo, le jumelage concerne aujourd’hui de nombreux membres des deux populations, dont beaucoup de paysans. En suivant quelques personnages-clés du jumelage, Azéto, Moumini, Gilles et Marie-Gabrielle..., le film témoigne du dialogue qui s’est noué entre eux. Il évoque ainsi la notion de réciprocité, d’échange de savoir, et montre les difficultés et surtout le bonheur de la «coopération citoyenne».
Publié dans Catalogue
vendredi, 28 décembre 2007 14:53

SUR LA PISTE DES CONTREBANDIERS - SÉRIE

"Qu’ils se soient nommés travailleurs de la nuit, faux sauniers, passeurs au clair de lune, fraudeurs, naufrageurs ou encore pacotilleurs, les contrebandiers ont marqué profondément la mémoire collective et l’imaginaire populaire. Dans l’épaisseur sombre des forêts, à flanc de montagnes entaillées de vertigineux sentiers muletiers, dans les plis et replis du bocage ou au gré des flots battant les côtes déchiquetées du littoral, poussés par un système de taxes jugées iniques - telle la gabelle au XIVe siècle -, mais le plus souvent par la nécessité ; des hommes et des femmes de l’ombre se lancèrent dans ce que l’on a appelé “le grand métier” et ont durablement inscrit leurs empreintes dans l’histoire des pays et de leurs frontières. Sur la piste des contrebandiers se propose de glisser nos pas dans les traces encore fraîches des contrebandiers du XVIIIe siècle à nos jours. Des montagnes escarpées du Pays Basque en passant par l’Auvergne, la Normandie, les Ardennes, sans oublier les chemins pratiqués par le célèbre Mandrin dans le Massif-Central, nous allons découvrir les plus belles “petites et grandes histoires” de la Contrebande." Raconté par les habitants, qu’ils soient historiens professionnels ou simples amateurs férus d’Histoire. Ces témoignages aux accents de terroir confèrent aux propos une authenticité. En outre, le film fait appel à la mémoire des “Anciens” qui, de façon truculente, nous dépeignent les légendes et la véritable histoire de ces hommes et de ces femmes - leurs pères, oncles ou grands-pères - qui devinrent contrebandiers le plus souvent poussés par une stricte nécessité de survie.

Détail de la série...

Publié dans Catalogue
jeudi, 22 août 2002 13:49

LES CHEVAUX DE L'EQUITÉ

Le cheval possède des caractéristiques essentielles, qui favorisent la confiance en soi des personnes handicapées. Il ne juge pas et rien dans son attitude ne laisse entendre de rejet ou d'incompréhension. L'intérêt de cet animal est de fonctionner au même niveau que l'être humain sur le plan affectif. C'est pourquoi une poignée d’éducateurs spécialisés et de médecins passionnés ont inventé l’équitation à visée thérapeutique, une méthode de soins qui utilise les chevaux comme alliés et complices de la psychiatrie et de la médecine. L'hippothérapie est une activité médicinale qui s'adresse aux porteurs de handicaps lourds, moteurs ou mentaux, qui ne peuvent pas avoir d'action directe sur le cheval. Ils sont posés sur l'animal et celui-ci apporte, par sa masse, sa chaleur, son corps, sa vitesse ou son bercement, un bienfait thérapeutique. L'équithérapie s'adresse, elle, à ceux qui pourront avoir une action sur l'animal, par des actes de préparation ou de pilotage de la monture. Ce programme propose de découvrir plusieurs centres équestres où des personnes handicapées peuvent bénéficier de thérapie par le cheval. On peut ainsi voir le travail effectué par les éducateurs spécialisés auprès de leurs patients. Les nombreuses interventions du psychiatre Patrick Mathias et du docteur René Garrigue permettent de comprendre ce que sont l'équithérapie et l'hippothérapie, deux méthodes, qui apportent des moments de bonheur à de nombreux handicapés.
Publié dans Catalogue
samedi, 22 juin 2002 13:35

DANS L'OMBRE DES ARENES

Depuis le début du siècle, la famille Heyral entraîne des chevaux qui doivent être capables d’affronter des taureaux de combat. Dans le monde taurin, on appelle cela une cavalerie. Ces chevaux sont de véritables professionnels, dressés pour affronter, dans l’arène, le taureau lors de la "pique". Dans l’ombre des Arènes est le portrait d’un homme passionné, Philippe Heyral, pris dans un paradoxe permanent : amoureux de ses chevaux, il les dresse pourtant au combat, les emmène à la guerre. Ce documentaire fait découvrir à l’aficionado toute une partie de la corrida qu’il ne peut ni voir, ni même parfois imaginer. Il s'en dégage une émotion, résultat de la complicité entre Philippe Heyral et le réalisateur. De nombreuses scènes de corridas composent ce film, enrichi d'entretiens avec Philippe Heyral et de témoignages de professionnels de la corrida.
Publié dans Catalogue
lundi, 14 octobre 2002 13:23

MÉMOIRE ENTRE DEUX RIVES

Lorsque les blancs sont arrivés, les Lobi se sont réfugiés dans les collines pour tenter de leur échapper. Un jeune a fait une crise d'épilepsie. Les blancs l'ont tué, lui ont coupé la tête et l'ont mise à bouillir dans une marmite. C'est l'histoire que raconte un villageois du Pays Lobi, une région du sud-ouest du Burkina Faso. Des récits comme celui-ci tous les Lobi en connaissent : l'occupation française, démarrée en 1898, a laissé de nombreux stigmates. Les Français ont eu du mal à établir leur autorité sur ce peuple que des rapports militaires qualifie d'"anarchique". L'historienne Jeanne-Marie Kambou-Ferrand explique que les colons ont été déroutés par la structure sociale des Lobi. Leur société est matrilinéaire : le nom, la filiation, l'appartenance à un clan passent par la mère. Ne sachant pas à qui s'adresser pour relayer leurs ordres, les Français ont fini par nommer des chefs, bien souvent chargés de la sale besogne. Aujourd'hui encore, plus de quarante ans après l'indépendance, le pays souffre des conséquences de la colonisation. Les Lobi disent le mépris, l'humiliation, les travaux forcés, les viols que les blancs leur ont fait subir. Jeanne-Marie Kambou-Ferrand insiste pour que l'on enseigne cette histoire dans les écoles. Elle veut que les élèves sachent que les blancs pensaient que leurs ancêtres n'étaient "pas des humains mais des animaux". "Je n'aimerais pas que nos enfants oublient cette histoire-là. Un peuple ne peut pas survivre sans son identité" ajoute-t-elle. Ce documentaire est le fruit d'une collaboration entre le Français Frédéric Savoye et le Lobi Wolimité Sié Palenfo. Les deux hommes ont recueilli de nombreux témoignages. Les plus âgés racontent ce qu'ils ont vécu, tandis que leurs enfants sont la preuve vivante que la colonisation a encore des conséquences. Le film présente également des documents de l'armée française ainsi que des photos qui prouvent les exactions des colons.
Publié dans Catalogue
dimanche, 22 avril 2001 10:39

FEMMES DE MISTRAL

Les médias impriment une vision unilatérale de la cité H.L.M. La réalisatrice Aline Holcman veut en proposer une autre. Elle se fait témoin discret, écoutant ce groupe de femmes d'origines et de religions différentes, parler de LEUR cité. Ce témoignage "de l'intérieur" apporte un autre éclairage sur la vie des cités H.L.M. Elles ont 20, 30, 40 ans, elles sont Turques, Algériennes, Marocaines … et partagent le même quotidien : violence, vols de voitures, dégradations… Ces conversations reflètent le tempérament de ces femmes volontaires qui osent se poser les vraies questions. Kaouthar et ses amies racontent le jour où les C.R.S sont venus faire un contrôle d'identité, et la façon dont ils ont traité les jeunes, les insultant, les chargeant sans complaisance. Si c'est cela que les adultes ont à transmettre, alors il n'est pas étonnant que les jeunes réagissent avec la même violence. A travers d'autres témoignages relatés avec passion ou humour, elles entament une véritable réflexion, tentant d'apporter des solutions pour un meilleur avenir. Violence au quotidien, provocations policières, respect, éducation, intégration, autant de thèmes abordés par ces femmes qui vivent et élèvent leur enfants dans la cité. Mais la cité a aussi quelques avantages. Il y a des commerces de proximité, un centre administratif avec la CAF, un avocat, un centre médical... Mais aucun médecin de la ville ne se rendra en urgence dans la cité, les livreurs de pizzas eux-mêmes n'y viennent plus, ils ont peur. C'est de Véronique que viendra la plus belle des conclusions. Elle ne veut pas partir parce qu'elle considère que c'est une chance pour ses enfants de s'enrichir de la différence des autres. La caméra d'Aline Holcman sait se faire oublier. Posée là, dans un coin, elle assiste à ces réunions de femmes, captant leurs coups de gueule, leurs espoirs, leurs difficultés au quotidien. Ce portrait émouvant révèle des femmes drôles, sensibles, fortes et bien ancrées dans la réalité.
Publié dans Catalogue
mercredi, 19 février 2003 10:34

VILLENEUVE ET SES MALENTENDUS

Que reste-t-il des années Villeneuve, de ce quartier de la périphérie de Grenoble, construit après les Jeux Olympiques de 1968, longtemps réputé pour son dynamisme? Que reste-t-il des initiatives locales, des projets collectifs, des expériences nouvelles ? Villeneuve voulait instituer une mixité sociale et impliquer tous les citoyens dans la vie du quartier. Plus de 30 ans après, ces grandes espérances ont vécu. Villeneuve et ses malentendus dresse le portrait de ce quartier à partir des écoles et des centres de loisirs. Les pièges de la consommation semblent s'être refermés sur Villeneuve comme dans beaucoup de cités de France. Mais le temps n'est pas non plus au découragement. Enseignants, animateurs et même policiers tentent de trouver des solutions pour inculquer des valeurs citoyennes aux enfants. Scènes filmées sans commentaires et témoignages alternent dans ce film qui entend montrer les méfaits d'une société trop matérialiste sur les plus jeunes.
Publié dans Catalogue