L'éducation en questions - Vol 6



1. "Faut-il encore enseigner les grandes œuvres aujourd'hui ?"… Albert Thierry (1881-1915)
Albert Thierry, disciple de Péguy, élève de l'école normale supérieur de saint-cloud, littéraire brillant, est nommé instituteur de primaire supérieur en 1912 à Melun. Il est enthousiaste et veut absolument faire partager ses convictions et faire appréhender à ses élèves, "la grande culture émancipatrice de la République". Mais ses élèves, fils de paysans et peu préoccupés des choses de l'esprit, ne l'entendent pas de cette oreille. Lors de son premier cours, Thierry veut absolument leur livrer le meilleur de lui-même: il décide de leur lire le chapitre le plus poignant des "misérables" de victor Hugo. L'instituteur se prend au jeu et se met même à pleurer tant sa lecture l'émeut, à la fin de celle-ci, il lève les yeux : ses élèves sont tous sortis de la classe et lui font des grimmaces à travers les vitres. Il est catastrophé. Comment fera-t-il pour parvenir néanmoins à leur faire partager son enthousiame? Il s'agira d'évaluer les solutions d'Albert Thierry et de s'interroger sur le contenu des savoirs à transmettre. Les "grandes oeuvres" n'ont-elles pas encore aujourd'hui, y compris pour les élèves réputés difficiles, un pouvoir mobilisateur ?

2. "Peut-on éduquer sans punir ?"... Makarenko (1888-1939)

En Union Soviétique, immédiatement après la révolution, Makarenko s'occupe de colonies de "jeunes délinquants orphelins". A travers le cas d'Oujikov à qui l'on va interdire de parler durant un mois pour le punir d'un vol, on évoquera l'importance pour tout adolescent d'évolué dans un cadre organisé, reposant sur des déscisions légitimes, des règles qui interdisent et autorisent : L'adolescent est considéré comme responsable de ses actes, puni en conséquence, mais placé dans un contexte où Oujikov; l'interdit l'autorise en fait à une prise de parole authentique. Plus largement, l'oeuvre de Makarenko invite à réfléchir sur le bon usage de la sanction en éducation.

3. "Peut-on apprendre par la contemplation?"… Rabindranath Tagore (1861-1941)
Né en Inde, Togore enseigne dans la célèbre école de Santiniketan, fondée en 1901. Son travail éducatif est fortement inspiré par les disciplines indiennes. Tagore a exercé une fascination importante auprès des éducateurs du début du siècle. Il s'agira d'évaluer ce que la comptemplation, une "certaine qualité de silence" aurait dit Avicenne, peut permettre d'apporter à ceux que l'on veut éduquer. A travers Tagore, c'est toute la tradition orientale et son apport possible dans la réflexion éducative contemporaine qui seront abordés.

4. "La mixité : progrès ou régression ?"… Paul Robin (1837-1912)
Anarchiste de la première heure, Paul Robin est un très actif militant politique avant d’accepter la direction d’un orphelinat à Grandvilliers : il se propose de lancer là son “ expérience d’enseignement intégral pour les enfants des deux sexes ”. En marge de l’école de Ferry, il va tenter une éducation originale. Il est tout de suite attaqué très vivement par l’église et les conservateurs : les deux reproches qui lui sont faits sont la mixité et la suppression de l’instruction religieuse. À partir de son oeuvre, il s’agira de s’interroger sur les arguments qui plaident pour ou contre la mixité car le débat n’est pas clos aujourd’hui : certaines “ féministes ” pensent en effet que sans le poids des garçons les filles apprendraient mieux et plus vite . On élargira cette question de la mixité en traitant de l'hétérogénéité des classes, des classes de niveau…

5. "Faut-il supprimer l'école ?"… Ivan Illich (1926)
Nè à Vienne d'un père dalmate, Ivan Illich devient un évêque novateur de l'église catholique. Il conduit des entreprises d'enseignement variées et singulières à Porto Rico, New York et à Cuernavaca au Méxique. En 1971 est traduit en français l'un de ses livres, "Une Société sans Ecole", qui a un impact exceptionnel. Illich y propose, en fait, non une société sans école mais une déscolarisation progressive remplacée par un système ouvert de réseaux éducatifs qui interviennent à différents stades de la vie (formation continue, 3ème, ge...) Il avance notamment l'idée d'un réseau d'échange de savoirs, un enseignement mutuel sur tous types de sujets: je te donne deux heures de maths contre deux heures de patins à roulettes". De tels réseaux existent en France et même dans certains lycées dans lesquels une large partie du savoir transmis provient d'une sorte de tutorat généralisé. La place d'internet dans la transmission pourra aussi être abordée.

 




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Additional Info

  • Réalisation  Thierry Kübler, Marie Frapin, Maurice Ferlet, Richard Hamon, Bernard Kleindienst
  • Premieres diffusions 
    France5  
  • Partenariat et Coproduction 
    CNC  
  • Durée  5x13'
  • Année de production  2001
  • Distribution 
    Mosaique Films  
  • Version  V.Française